Hebdoxytude 105, l’actualité de la semaine en technologies et accessibilité

Au programme de l’actualité des nouvelles technologies et de l’accessibilité cette semaine :

Pour animer cet épisode : Christelle, Jacques et Philippe.

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3 commentaires:

  1. Bonjour.
    Je ne peux que confirmer l’observation de Pierre REYNAUD concernant Linxo, Pierre que j’en profite d’ailleurs pour saluer au passage s’il lit ce commentaire. Pour revenir à Linxo, l’interface est plus encombrée, bien moins sobre qu’auparavant et nombre de boutons ne sont plus étiquetés. J’ai fait remonter ces constats auprès de l’équipe de développement, et, comme à l’habitude avec l’équipe Linxo, j’ai obtenu une réponse rapide. Ils m’ont certifié qu’une version plus accessible était en préparation.
    En plus des notes sur l’Appstore, si vous êtes utilisateur de l’app, vous pouvez également donner votre avis en remplissant un sondage publié par Linxo. Malheureusement, vous le constaterez par vous-même, le formulaire est bien loin d’être accessible. En voici toutefois le lien pour ceux d’entre vous qui ont le goût du risque:
    https://linxo.typeform.com/to/U8o8HA

    Bonne journée.

    Stéphane

  2. Bonjour à tous.

    Et si pour une fois on ne parlait pas nouvelle technologie mais handicap ?

    A la suite de la lecture de ce dernier Hebdoxytude, je voudrai vous proposer une petite réflexion sur le sujet suivant :

    Vous préférez qu’on dise :
    Aveugle ou non-voyant, sourd ou malentendant, caissière ou hôtesse de caisse ? ou encore balayeur ou technicien de surface ?

    En effet vous aurez remarqué que nos chers animateurs réagissent régulièrement voire même sont allergiques aux termes personnes en situation de handicap à la place de personnes handicapées.

    J’ai commencé à entendre ces termes administrativement et politiquement corrects à partir du milieu des années 80. Effectivement, dans le monde du travail afin de revaloriser ou tout du moins de changer l’image de certaines professions qui pouvait paraître comme péjoratives, les mots comme techniciens de surface ou hôtesse de caisse sont apparus. A la suite de ce phénomène on a étendu à d’autres domaines comme des sujets liés au racisme et bien sûr au handicap afin de ne pas froisser la susceptibilité des personnes concernées qui considèrent que des mots comme aveugle, sourd, arabes, juifs ou encore homosexuels sont désuets, discriminants voire même insultants et diffamatoire.

    Tout cela participe à un mouvement plus global qui consiste selon moi, à ouvrir les parapluies dès qu’on parle d’un sujet plus ou moins sensible afin de se protéger d’une éventuelle parole discriminatoire. Là-dessus, vous rajoutez l’hyper-sensibilité des gens qui se transforme en sensiblerie exacerbée et le tour est joué, notre liberté d’expression est un peu plus muselé chaque année. C’est ainsi qu’on ne peut plus rire de tout sans être taxé de raciste, d’homophobe et autre fasho…

    Attention à mon tour d’ouvrir les parapluies, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit. Les exemples ci-dessus ne sont que des exemples et non une incitation à une quelconque haine. Bien évidemment qu’il faille se battre pour lutter contre toute forme de discrimination. Mais delà à avoir peur d’utiliser les mots de la langue française… Juste pour rappel : depuis qu’on emploie ces mots, cela n’a rien changé à la monté du racisme et de l’antisémitisme et aux réactions diverses et variées des gens face à notre seule déficience visuelle.

    Donc dans un premier temps, messieurs dames, je suis plutôt d’accord avec vous dans l’idée qu’il faille appeler un chat un chat, et quitte à être vulgaire un cul, un cul.

    Mais concernant les termes déficient visuel ou auditifs, personne à mobilités réduite ou restreintes et donc personne en situation de handicap je suis moins d’accord avez-vous et je vais tenter d’expliquer pourquoi.

    J’ai vu pour la première fois les termes personnes en situation de handicap au début des années 2000 lors de ma formation de masseur kinésithérapeute rééducateur. Je ne sais pas si ce concept existait déjà avant mon entrée à l’école de kiné. Dans cette formation on apprend qu’avant de prendre en soin une personne, il faut faire le BDK (bilan diagnostique kinésithérapique). En gros, on fait l’état des lieux de la personne pour savoir ce qu’il y a à faire en suite et pour adapter notre thérapeutique.

    Ce BDK se compose de 3 grands volets. Celui du bilan des déficiences dans lequel on évalue les problèmes je dirai structurel de la personne exemple les raideurs articulaires pour ne parler que d’elles. En suite, celui des incapacités qui nous permet de mettre en relation les déficiences trouvés si avant avec l’impossibilité de réalisé tel ou tel geste ou telle ou telle action. Exemple j’ai l’épaule raide donc je ne peux pas monter mon bras. Et enfin, le handicap ou la mise en situation de handicap que cela provoque. Je suis raide de l’épaule, je ne peux pas monter mon bras et donc je ne peux ni me laver les cheveux, ou tout simplement pas manger ou saisir tout ce qui se trouve en hauteur jusqu’à avoir une impossibilité totale ou partielle à ne pas pouvoir travailler. En revanche je peux écrire, saisir tout ce qui se trouve en position basse.

    Maintenant, transposons la raideur de l’épaule à la cécité. Je suis aveugle ou mal-voyant. Ca, c’est la déficience. Elle entraîne une incapacité à ne pas voir ou difficilement. Les mises en situation de handicap, vous les connaissez tout comme moi, elles sont multiples et variées. En revanche pour vous écrire et vous transmettre cette petite bafouille, là je suis totalement autonome grâce aux progrès technologiques. Donc pour le coup, je ne suis ni handicapé ni en situation de handicap.

    Je vais en fin vous donner un dernier exemple pour vous faire comprendre là où je veux en venir. Une personne de petite taille, je ne parle pas là de nanisme, qui n’a pas d’autres signes particuliers, arrive dans son magasin préféré. Elle veut attraper son produit adoré mais pas de bol, il se trouve tout en haut du rayon juché sur une pile et ne peux évidemment pas le saisir. On constate là, que la personne n’a aucune déficience ni aucune incapacité et pourtant, elle est en situation de handicap tout comme nous pauvre mirots qui voudrions aller faire nos courses seuls dans le même magasin.

    Tout ça pour dire que le terme personne handicapé est inexact. A la limite, je dirais même que ça n’existe pas. Sauf peut-être, une personne alitée, n’ayant aucune capacité physique, cognitive et ne pouvant interagir avec son environnement. Cela pourrait être une personne qui serait dans le comma.

    Pour une fois, je trouve que le terme personne en situation de handicap, tout comme celui de
    personne à mobilité réduite ou restreinte, ou déficient visuel reflète bien la réalité et ne masque en rien des difficultés que nous rencontrons au quotidien et ne fait pas preuve de misérabilisme. La situation de handicap veut dire que tout au long d’une journée, il y a des situations ou nous sommes pour le coup handicapées et d’autre pas.

    En revanche, personne handicapée veut dire pour moi que le handicap est un état permanant qui donne aux biens portants un regard misérabiliste et condescendant sur ceux qui ont une déficience majeure telle que la cécité, la surdité, les personnes atteintes de déficiences motrices, cognitives. Et ça, je ne veux plus !

    Ce qui me dérange dans le concept de personne handicapé c’est ce qu’il représente en termes d’image dans la tête des gens ordinaires. A savoir l’incapacité totale et permanente des personnes handicapées à ne pouvoir rien faire. Dans mon cabinet où je bosse seul,
    à chaque fois que quelqu’un me dit ho ! Monsieur je vous admire ! Avant, ça me foutait dans une colère immense. J’avais envie de les guérir définitivement par l’euthanasie ! Maintenant, j’ai trouvé une parade humoristique en leur demandant si je suis vraiment aussi beau que ça ? Et c’est là de constater que le concept de personne handicapée a encore de beaux jours devant lui alors que la réalité est bien plus complexe.

    Je sais bien que les mots personne en situation de handicap vous renvoie à du politiquement correct ou pourrait être apparenté à de la trouille à ne pas vouloir nommé les choses. Mais si nous personnes concernées ne défendons pas l’idée que le handicap liées à nos incapacités totales ou partielles liée elles-mêmes à nos déficiences n’est pas permanant et que c’est juste l’idée que momentanément nous ne pouvons pas ou difficilement interagir avec notre environnement alors, les vieilles idées qu’une personne dite handicapée ne peut rien faire, risquent de persister et de nous handicaper pendant encore longtemps, que ce soient dans nos vies personnelles ou professionnelles.

    Comme ce concept ou cette idée peut vous paraître complexe, je suis prêt à en débattre dans un podcast si besoin.

    Faisons avancer le schmilblick ! Changeons notre image !

    Bonne réflexion.

    J’espère avoir de nombreux commentaire.

    Et désolé Philipe d’avoir été un peu hors cadre mais je ne pouvais plus me taire.

    1. Michel,

      tout d’abord, merci de cette réflexion qui est fournie, riche et heureuse. Pardonnez-moi mais je ferai une réponse assez brève. Ce qui est important, et je crois que vous l’avez compris, c’est que transparaît chez nous un certain agacement face à ceux qui ont besoin d’abuser de locutions pour ne pas affronter une réalité. Un peu comme si ne pas dire les choses telles qu’elles sont adoucissait les situations. Maintenant, si parler de situation de handicap décrit à votre sens une situation de façon plus précise et plus honnête, à la limite pourquoi pas. Ce qui nous choque, c’est seulement le fait de cacher des réalités sous de grossiers euphémismes. Je crois même qu’à plus ou moins long terme, c’est vecteur de violence et d’exclusion. Faute de temps, je ne peux pas trop développer, mais je pense que la manière avec laquelle on cache la mort a pour effet paradoxal de la banaliser négativement en l’appréhendant de façon virtuelle. Décrire les choses comme elles sont et par extension les gens comme ils sont constitue pour moi une marque de respect. Ainsi, je suis aveugle du latin ab oculus qui signifie privé des yeux. C’est une situation parfois lourde, occasionnellement lorsqu’elle survient, dramatique, mais le fait de l’appeler autrement n’y changera rien. Je vous suis lorsque vous dites, par exemple, que lorsqu’on parle d’une personne à mobilité réduite, eh bien on parle de sa mobilité et non de son handicap ou infirmité temporaire ou définitive. Je vous rassure en vous disant que pour moi aussi, les personnes originaires de la péninsule arabique ou d’Afrique subsaharienne sont des noirs et des arabes. Et même s’il faut aller en prison pour ça, je persisterai à ne rien y voir de péjoratif.
      En espérant m’être fait comprendre, je vous remercie une nouvelle fois d’avoir alimenté notre réflexion sans hors sujet puisque nous y avons fait référence nous-mêmes.

      Jacques

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