Bistroxytude 8 – Le braille, état des lieux en 2018

Pour ce podcast consacré au braille, j’ai eu la chance de réunir autour de moi trois personnes qui, par leur expérience, font autorité dans le domaine du braille.

Elles nous ont livré leur réflexion sur l’état des lieux du braille aujourd’hui, mais aussi leur vision sur son évolution et son adaptation aux besoins contemporains.

Stéphane Hagues, que je remercie encore chaleureusement de la part très active qu’il a pris dans la production de ce podcast, mais aussi Meryem Dogan et Yannick bréavoine, ont su nous transmettre leur enthousiasme pour l’écriture en points saillants qui, depuis presque deux siècles, s’impose comme le meilleur vecteur universel permettant aux déficients visuels de lire et d’écrire.

Ce podcast n’a que le mérite de lancer le débat auquel vous êtes invités à participer dans les commentaires.

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16 commentaires:

  1. Bonjour ! Je viens d’écouter ce podcast fort intéressant et je vous remercie de l’avoir fait.
    J’ai 61 ans, je suis déficiente visuelle de naissance et devenue aussi quasiment sourde récemment. Je dois dire que je me sens privilégiée du fait que, malgré que lorsque j’ai intégré un institut pour aveugle (la chartreuse à Auray dans le Morbihan) je voyais plus d’un dixième on m’ait appris le braille. Maintenant je ne vois plus qu’un vingtième. Je l’ai d’autant plus apprécié lorsque mes oreilles m’ont lâchées d’un seul coup et que j’ai été sourde pendant un an avant d’avoir un implant cochléaire qui me permet de réentendre… Au moins j’ai pu continuer à lire et à communiquer. Lors de mes études universitaire j’utilisais le braille pour prendre des note à la tablette dans les années 80 et avec un « visiobraille » dans les années 90, lors d’une reprise d’autres études. Je sais lire en noir mais j’ai beaucoup de difficulté à lire l’écriture manuscrite et donc à me relire…. je n’ose même pas imaginer la galère dans laquelle j’aurais été pour étudier.
    Pour lire actuellement j’utilise trois systèmes : le noir avec loupe quand c’est un texte qui fait moins d’une page, L’audio pour les livres type romans, policier etc et le braille (bloc-note) quand je veux lire des livres un peu plus sérieux, essais et certains romans plus ardus.
    avec les salutation d’une dinosaure…
    Inés,

    1. Bonjour Inès.
      Un grand merci pour ce témoignage qui démontre fort bien la pertinence des choix des pédagogues qui nous ont précédé. L’apprentissage à la fois du braille et du noir vous permet en effet de disposer aujourd’hui de trois modalités de lecture que vous pouvez utiliser à votre gré en fonction de vos envies et du contexte.

      Stéphane

  2. Bonjour Stéphane et Yannick puisqu’on s’est croisé plusieurs fois. Pour ma part, je trouve depuis l’avènement des bloc-notes que la présentation du braille a été négligée. A l’instar des formats epub pour voyants, on aurait pu reconstituer la structure du livre papier. Il y une vingtaine d’année un constructeur français l’avait fait mais cela a été abandonné ensuite. Effectivement le braille est enseigné ponctuellement comme une matière et non comme un outil indispensable pour lire et écrire correctement. Moi-même je n’ai pas été remplacé dans l’institut où j’oevrais alors que ces centres prônent l’insertion professionelle des déficients visuels, contradictoire non !!! Merci pour cet échange et j’adhère à toutes vos remarques. Merci à Louis Braille d’avoir su démontrer que son système était le meilleur pour nous car il y avait des opposants.

  3. Coucou à vous… Un grand merci pour ce podcast… Je suis en accord avec tous vos arguments… Cela dit, l’inclusion, trop tôt, trop tard, ça c’est un sujet très délicat… Une inclusion trop tardive ne produisant pas que des bons effets dans certains cas, et pour certains d’entre nous, cela a été du vécu par le passé… Mais je suis également d’accord pour dire que l’inclusion en France a actuellement sans doute tendance à laisser pas mal de monde sur le bord de la route… Et certainement faute de moyens… Vraiment dommage… Cyril.

    1. Bonjour Cyril et tous, je travaille dans un établissement spécialisé et certains enfants nous reviennent après une intégration ratée. S’il est vrai qu’ils ont parfois des difficultés supplémentaires, le retour se fait parfois trop tard pour récupérer certaines lacunes.

  4. Bonjour à tous, malheureusement beaucoup de jeunes pensent qu’il n’est plus utile de savoir lire et écrire le braille grâce au vocal; comment les convaincre que s’est une erreur; même si le vocal peut être un complément appréciable, il ne remplacera jamais le braille surtout dans des situations de travail en milieu ordinaire; quand on est dans le même bureau qu’un voyant ou quand on participe à des réunions avec les autres; le vocal n’est pas adapté; et le catque sur les oreilles non plus! le braille éphémère des différents terminaux braille a donné une nouvelle jeunesse au braille.
    J’ai le souvenir d’avoir convaincu un ingénieur de 40 ans devenu brutalement aveugle, d’apprendre le braille; il m’en a remercié quelques années après car il m’a dit que grâce au braille, il a pu continuer son activité pro et même progresser dans sa carrière. Maintenant que les jeunes aveugles ne passent plus par les écoles spécialisées, comment les sensibiliser à l’intérêt du braille. A suivre

    1. Cher Philippe,
      tout d’abord vous dire que j’ai bien apprécié votre podcast, même si je ne suis pas spécialiste.

      Il ne s’agit pas de convaincre des enfants d’apprendre ou non le braille. Cela devrait être un enseignement obligatoire pour toute personne n’ayant pas l’acuité visuelle pour lire de façon satisfaisante. Il n’a jamais été question par exemple de faire des programmes scolaires à la carte pour les enfants. Par conséquent, le braille devrait être enseigné si, comme je le dis, la pathologie de l’enfant ne lui permet pas de lire de façon satisfaisante.

      Jacques

  5. Personnellement je remercie à postériori l’équipe pédagogique des haut-thébaudières dès la 6ème de m’avoir obligé à apprendre le braille: Ayant à l’époque une vision qui me permettait de lire en noir et de me déplacer sans problèmes en vélo je n’en voyais pas l’utilité. Je crois que c’est difficile quand on est ado d’imaginer qu’on puisse perdre la vue. Aujourd’hui je travaille seul en libéral et face à mes patients je ne me verrais pas utiliser une synthèse vocale perturbant mon écoute et perturbant également je crois mes patients qui n’y sont pas habitués. L’échange verbal doit être fluide pendant que les mains prennent des notes. Je n’utilise le braille qu’au boulot pour la lecture et l’écriture mais aussi de façon très importante l’écriture en braille sur mon iphone. Même si je maîtrise parfaitement le braille intégral et abrégé je lis peu en braille mais principalement en audio. J’essaye de rester attentif mais je m’aperçois qu’avec le temps que j’ai beaucoup perdu en ortographe et dois le faire vérifier lorsque je publie. Le braille est un outil formidable que je défends ardemment. Merci pour ce podcast.

  6. Bonjour à vous trois et merci pour ce podcast. Je me retrouve parfaitement dans le cas que vous avez utilisé du malvoyant utilisant une police taille 28 et Zoomtext en grossissement 6 ou 8 fois. J’ai fait toutes mes études en noir, en poussant au maximum mon reste visuel (avec une synthèse vocale les dernières années) avec énormément de fatigue visuelle et de sérieux problèmes au niveau des épaules. Apprendre correctement le braille m’aurait permis d’étudier sans autant de soucis. Et j’ai remarqué que la plupart des entretiens sur lesite avec des déficients visuels qui ont un emploi mentionnent le braille comme étant un des outils indispensables. A méditer.

    1. Il n’est jamais trop tard pour apprendre le braille! ça sert toujours même si on le lit pas à une vitesse grand V. Cela dépanne souvent et ça rend indépendant.

    2. Salut Caire,

      Je ne peux que vous encourager vivement à apprendre le braille. Si, comme cela a été dit, l’acquisition des techniques de lecture et d’écriture sont facilitées chez un enfant ou un jeune adolescent, la tache, bien qu’ardue, est loin d’être impossible pour un adulte.

      Je profite de ce post pour vous remercier tous de ces retours. Franchement je ne m’attendais pas à une telle unanimité. C’est un sujet qui me tient très à coeur.

      Bonne fin de dimanche

      Jacques

  7. Vive le Braille! Mon témoignage rejoint ceux exprimés plus haut même si présentement je rédige sur un pc sans braille donc avec synthèse. Je plébiscite la lecture et l’écriture braille (avec un penchant pour l’abrégé), outil indispensable et plus que nécessaire dans la vie professionnelle mais aussi personnelle. L’avantage du retour par la synthèse procure néanmoins la possibilité en azerty d’écrire à une vitesse appréciable et nous offre un retour immédiat qui permet de corriger les fautes de frappes et d’orthographe en conservant ses mains sur le clavier. Utiliser la plage braille requiert ce petit délai supplémentaire qu’exige le déplacement des mains du clavier vers l’afficheur et vice et versa. Je dis que conserver une tablette de poche au fond de son sac, et aussi fort utile et je regrette d’avoir perdu en vélocité.

    Si je lis davantage en braille sur plage braille éphémère, j’apprécie toujours le braille papier malgré son encombrement et sur la plage je n’emporte pas mon bloc note alors qu’un volume papier oui.

    1. Bonjour Valérie.
      Merci pour ce témoignage.
      Je partage évidemment tout ce que vous écrivez. Bien que décriée par certains, et parfois même par des professionnels qui nous entourent (c’est déplorable, mais c’est ainsi), la tablette est à mon sens un outil précieux. Beaucoup d’entre nous l’utilisent notamment pour étiqueter objets en tous genres. Ce n’est pas parce que des outils tels que tablette ou cubarithme ont été inventés de longue date qu’ils sont archaïques, bien au contraire. Ils ont tous leur place dans des contextes particuliers et bien délimités.
      merci pour tous ces témoignages. Comme Jacques, je ne m’attendais pas à une telle unanimité.
      Stéphane

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